2011. C’est la date de sortie du dernier film estampillé officiellement Harry Potter. En tout cas, c’est ce que l’on pourrait croire si l’univers magique du sorcier ne vous est pas familier. Depuis le 13 janvier, un moyen-métrage de 53 minutes réalisé par des fans retrace une portion de vie de Tom Jedusor, plus connu sous le nom de Lord Voldemort, antagoniste principal des aventures de l’oeuvre de J.K.Rowling.

Mis en ligne le 13 janvier, le fanfilm intitulé « Voldemort : Origin of the Heir » (Les origines de l’héritier en français, NDLR) est déjà un succès avec plus de six millions de vues sur la plateforme Youtube. À l’initiative de ce projet, deux passionnés de la saga du jeune sorcier. Gianmaria Pezzato et Stefano Prestia, tous deux italiens, sont les fondateurs du studio Tryangle, à l’origine de ce moyen-métrage. Interrogés par nos confrères du journal L’Express, ils expliquent que l’idée leur est venue en se replongeant dans le sixième tome de la saga Harry Potter. Leur objectif étant de présenter la psychologie du personnage de Tom Jedusor, avant qu’il ne devienne célèbre sous le pseudonyme de Voldemort, ont-ils expliqué.

L’horizon n’a pourtant pas été toujours radieux pour « Voldemort : Origin of the Heir ». Les droits d’exploitation appartenant à la Warner, société de production de la saga, le projet a failli ne jamais voir le jour. Le géant des films hollywoodien a, dans un premier temps, demandé le retrait du projet financé sur le site de crowfunding Kickstarter, avant de finalement laisser le projet suivre son court suite à une discussion directe entre les différents partis. Il a cependant été convenu qu’aucun profit ne pourrait être retiré de la part des créateurs du film.

Un accueil en demi-teinte du côté des spectateurs

Fondé en 2000 à l’initiative d’un groupe de passionné de l’univers Harry Potter, La Gazette du Sorcier est le site d’actualité référence en France sur les oeuvres de J.K.Rowling. Pour Corentin Faniel, son rédacteur en chef, le film est « très réussi d’un point de vue technique et visuel ». Il pointe également des défauts majeurs : « certaines incohérences ou clichés gâchent un peu l’histoire. Le doublage est malheureusement raté, le film a été tourné en italien et redoublé par dessus en anglais et cela se voit au moment du visionnage ». Très au point sur la communauté des « Potterheads » (nom donné aux fans d’Harry Potter, NDLR), Corentin Faniel exprime une certaine « déception » de la part de la fanbase. « Tout le monde relève les qualités techniques et visuelles du film, mais compte tenu de l’attente autour de ce projet, la déception est palpable » ajoute t-il.

Chez les spectateurs curieux ou passionnés de l’univers, les avis restent bienveillants. Pour Angélique, étudiante toulousaine « ce fanfilm est une bonne initiative, il est très bien réalisé mais n’apporte pas grand chose de plus à l’oeuvre de J.K.Rowling. Je trouve qu’il manque quelque chose d’inédit ». Dorian, grand fan d’Harry Potter, note lui aussi des effets spéciaux de très bonne facture : « les effets spéciaux sont super bien réussis ! Ce fanfilm porte bien son nom, il est fait pour les fans. Un individu lambda appréciant juste Harry Potter s’ennuierait devant ce film ». 

Des créations essentielles

Pour Corentin Faniel, au-delà de son ressenti sur le film, « les créations de la communauté sont essentielles pour l’oeuvre. Dans la web-série parodique Harry Potter et les 10 ans plus tard, on suit le célèbre sorcier dans la crise de la trentaine. C’est une oeuvre à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui aborde de nouvelles problématiques très intéressantes autour de la drogue et du chômage par exemple. Chacun peut apporter sa vision de l’oeuvre et les confronter aux problématiques de notre société actuelle. C’est pour cela qu’on retrouve Hermione Granger représentée sous les traits d’une femme de couleur dans la pièce de théâtre Harry Potter et l’Enfant maudit ou dans la web-série Hermione Granger et la crise du quart-de-siècle ».