Depuis quelques années, notre société est en proie à un système éducatif de plus en plus critiqué. Jugé faillible pour certains, trop élitiste pour d’autres, force est de constater qu’il ne fait plus l’unanimité auprès de nombreux parents, qui aspirent à de nouvelles méthodes d’enseignement. Face à ce constat, de nouvelles écoles fleurissent un peu partout en France en proposant des pédagogies alternatives au système dit « normal ». À Toulouse, l’école de la Boétie qui a vu le jour à la rentrée dernière, nous a ouvert ses portes.

Quelle serait l’école idéale ?

Le 12 rue Marguerite Dilhan ne ressemble pas à une école comme nous avons l’habitude d’en voir. À l’entrée de la maison, pas de grand portail ni d’immenses cours de récréation, juste un petit écriteau sur lequel est gravé le nom de l’école. Cette différence, Kim Lascurettes, la directrice de l’établissement, tient à la préserver :

« Nous cassons le cadre institutionnel courant. Chez nous, c’est comme à la maison. Il n’y a pas de tables carrées et bien alignées. Je veux que les enfants se sentent vraiment chez eux et surtout, confiants »

Au cours de sa carrière dans le domaine de la formation, l’ancienne institutrice s’est rendu compte des nombreuses lacunes qui affectaient le système éducatif français. Ainsi, pour cette école d’un nouveau genre qui a vu le jour à la rentrée dernière, l’enjeu était d’instituer un système éducatif efficace et viable dans le temps. À ce jour, l’école de la Boétie compte une dizaine d’élèves et une équipe pédagogique composée de huit personnes dont deux salariés (une animatrice et une institutrice), cinq intervenants d’atelier ainsi que la directrice.

L’établissement, situé 12 rue Marguerite Dilhan, à Toulouse.

Le modèle éducatif Finlandais

Pour sa nouvelle école, la fondatrice de l’établissement s’est inspiré de méthodes pédagogiques étrangères. « Le modèle Freinet était le modèle de mon institutrice. Cependant, contrarie-t-elle, dans ce modèle, tout n’est pas parfait. Alors je me suis intéressée à tous les modèles éducatifs qui pouvaient exister et j’ai pris le meilleur de chacun d’eux. Finalement, c’est sur le système éducatif Finlandais que je me suis basé, car il reprend le meilleur de toutes les pédagogies actives » confie la directrice. Ces pédagogies alternatives travaillent beaucoup sur l’impact psychique auprès des enfants. À terme, Kim Lascurettes certifie que ces méthodes d’enseignement permettent à ses élèves d’avoir véritablement confiance en eux :

« Certains enfants manifestent une réelle phobie de l’école « normale », ils sont traumatisés. Ici, l’enfant est au centre du système éducatif. C’est nous qui s’adaptons à l’enfant, et non l’inverse. Ça change beaucoup de choses. Nous mettons toutes les conditions pour qu’ils aient confiance en eux et qu’ils apprennent plus facilement. La parole est donnée à tout le monde et l’échec n’est pas diabolisé ».

Pour garantir cette stabilité, l’école de la Boétie compte sur la réduction de ses effectifs de classe et la proximité des intervenants envers les élèves.

Cours le matin, atelier l’après-midi

Les enfants ont cours du lundi au vendredi. Ils travaillent le matin et poursuivent l’après-midi avec des ateliers éducatifs, où ils mettent en pratique les enseignements de la matinée. « L’idée est que les enfants retranscrivent ce qu’ils ont appris le matin dans les ateliers. Par exemple, les mathématiques dans la cuisine. Pour faire une recette, il faut effectuer les justes dosages et ne pas mélanger les centilitres avec les litres » explique Kim Lascurettes. Cette méthode pédagogique n’implique pas de système de notation des élèves, ils sont évalués avec des évaluations formatives. Une nette différence par rapport au processus des écoles « normales », qui selon la directrice, semble impacter de manière considérable le rapport des enfants à l’éducation :

« Cela permet d’éliminer la concurrence malsaine qui s’installe entre les enfants et puis les devoirs du soir sont supprimés, se félicite Kim, avant d’ajouter, pour moi, la maison est faite pour être avec ses parents et s’amuser. Les enfants n’ont pas à rentrer avec des devoirs ».

Kim Lascurettes, la directrice de l’établissement.

L’ouverture d’un collège à la rentrée prochaine

Les élèves de l’école de la Boétie suivent le programme éducatif français du cycle 2. En ce sens, ils sont tout à fait capables, s’ils le souhaitent, de réintégrer le système éducatif courant tout en ayant les connaissances requises. Pour l’année prochaine, Kim Lascurettes et son équipe envisagent d’augmenter le nombre de classes avec l’ouverture de deux classes supplémentaires, CM1 et CM2, ainsi qu’une petite maternelle. Mais le projet le plus important, c’est l’ouverture d’un collège pour la rentrée prochaine de septembre 2018. Il devrait comporter plusieurs classes entre la sixième et la quatrième. À ce jour, il compte déjà huit inscrits.