Une mesure rendue possible par l’opposition polonaise.

 

Les « marches noires », qui avaient réuni près de 250 000 personnes dans 150 villes, vont-elles faire leur retour en Pologne ? C’est en tout cas ce qui pourrait arriver suite à la nouvelle avancée du parti ultra-conservateur Droit et Justice (PiS) en matière de restriction du droit à l’avortement.

Le 8 janvier dernier, l’assemblée polonaise devait se prononcer sur deux initiatives, diamétralement opposées, qui ont pour but de réformer le droit à l’avortement. D’un côté, il s’agissait de libéraliser cet acte et de l’autre, de le durcir. Si le projet de durcissement a été envoyé en commission pour examen, ce n’est pas le cas de la proposition de libéralisation. Elle a été rejeté à neuf voix près en première lecture, alors que 39 élus des partis libéraux n’étaient pas présents lors du vote. Une « véritable honte » pour les défenseurs des droits des femmes qui ont défilé les 13 et 14 janvier dernier.

Un droit à l’avortement parmi les plus strictes d’Europe

 

Pour l’heure, seuls trois cas de figures permettent aux femmes polonaises d’avorter : si le fœtus est atteint d’une grave malformation, si la grossesse est le fruit d’un acte criminel et enfin, si la grossesse met en danger la vie de la femme enceinte.

Avec ce durcissement, l’avortement ne restera possible qu’en cas de danger pour la mère et dans le cas où la grossesse résulte d’un viol. En interdisant la troisième exception, cela revient à prohiber pas moins de 95% des avortements légaux pratiqués en Pologne à ce jour. Par ailleurs, les femmes ne seraient plus pénalisées en cas de recours à l’avortement illégal.